73% des Français déclarent faire confiance aux banques privées traditionnelles type Crédit Agricole, Société Générale.

Il s’agit d’une tendance en nette hausse (+12 points) par rapport à l’enquête* réalisée par l’Ifop pour la société AuCOFFRE.com  il y a un an, dans laquelle 61% des Français déclaraient faire confiance aux banques privées.
Une tendance encore plus forte chez les 65 ans et plus (82%). En ce qui concerne les préférences politiques, ce sont les sympathisants Modem qui accordent le plus confiance aux banques privées (86%) contre 67% chez les sympathisants Europe Ecologie / Les Verts.

Autre résultat parlant, concernant cette fois-ci les banques publiques, type La Banque Postale : 69% des Français leur accordent leur confiance (ce qui est un peu moins que les banques privées), un résultat en très légère hausse par rapport à 2013 (65%).
Chez les moins de 35 ans, seulement 58% ont confiance dans les banques de type public. Une confiance moins marquée également chez les sympathisants du Front National (56%), alors que 83% des sympathisants PS leur font plutôt confiance, les sympathisants de chaque parti traduisant indirectement dans ce résultat leur défiance ou leur confiance en l’Etat.

Les banques auraient-elles redressé le tir ? En réalité, les Français ont majoritairement confiance en leur banque, et en leur relation de proximité avec leur conseiller financier, mais pas dans le système financier lui-même. Sauf que les agences de ces banques privées font partie intégrante du système financier pour lequel les Français éprouvent de la défiance. Et le paradoxe est là : les Français sont satisfaits des services de leur banque mais ne la recommanderaient pas…

Cette tendance apparaît aussi dans la confiance qu’accordent les Français dans les organismes d’émission de monnaies électroniques non bancaires (PayPal, compte nickel) : 44% (-12 points depuis l’enquête réalisée en février 2012), et dans les banques privées en ligne type Fortuneo : 32%. Bien que ce résultat soit en hausse depuis 2012, il reste faible. Les banques online n’ont toujours pas percé, alors que la France est un pays très largement connecté.

Jean-François Faure, président d’AuCOFFRE.com, explique : « A travers ces résultats s’expriment une peur de la dématérialisation, de l’abstrait. L’argent doit pouvoir se voir et se toucher, un conseiller clientèle se rencontrer. Il y a encore beaucoup de conservatisme des Français dans leur rapport à l’argent. Ils sont soumis à une double contrainte qui les pousse à confier leurs économies à des entités réelles, physiques, mais dont ils réprouvent le système. »

Des banques pourtant sur la sellette

2014 n’a pas épargné les banques, égratignées par de mauvais résultats aux stress-tests et impliquées dans divers scandales financiers.

Risque systémique

« Nous connaissons l’insolvabilité des 28 banques dites systématiques, c’est-à-dire représentant un réel risque pour l’Etat en cas de faillite (liste SIFIS). Et en octobre dernier, la BCE et l’ABE (Autorité Bancaire Européenne) avaient soumis 130 banques européennes à des « stress tests » pour savoir si elles étaient solides. Sur les 130 banques, 11 au moins (dont 3 grecques, 3 italiennes, 2 autrichiennes, 1 portugaise et 1 belge) avaient échoué aux tests de résistance à différents scénarios économiques catastrophe. », rappelle Charles Sannat, économiste pour AuCOFFRE.com.

Insolvabilité des grosses banques françaises

La confiance ne peut pas régner dans le système bancaire en France, car les 4 banques systémiques (Groupe Crédit Agricole, BNP Paribas, BPCE-NATIXIS et Société Générale) sont loin de respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par Alan Greenspan. Pour respecter les règles prudentielles d’endettement, ces banques devraient augmenter leurs capitaux propres de 428 milliards d’euros…

Scandales

En 2014, la réputation des banques a été plus que jamais écornée par des scandales. Pourtant, les résultats de l’enquête Ifop réalisée pour AuCOFFRE.com semblent déconnectés de cette réalité.

Le 17 décembre 2014, Amid Faljaoui énumérait sur Levif.be les 7 plus gros scandales bancaires qui ont émaillé l’année : manipulation du cours de l’or par un cartel de banques, affaire BNP Paribas, FED influençable, manipulation du marché des changes… Charles Sannat décrypte : « On constate une dichotomie entre les échelles microscopique et macroscopique bancaires, dichotomie qui pourrait expliquer la confiance des Français envers les banques privées. Ils ont confiance en l’individu, mais pas dans le système.

Jean-François Faure conclut : « En résumé, les Français auraient plutôt confiance en leur banque qu’en leur système financier, voire en leur conseiller plutôt qu’en leur banque, mais les deux sont pourtant indissociables. Comment gérer ses économies avec un tel paradoxe ? En « débancarisant » au moins une partie de son patrimoine. Certes la situation de Chypre n’est pas comparable à la nôtre pour l’instant mais ce qui s’est passé là-bas pourrait tout à fait se produire un jour en France. »

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