Comme il l’avait laissé entendre ces derniers mois, Mario Draghi sort l’arme lourde pour tenter de faire repartir l’économie européenne. Le président de la Banque centrale européenne a annoncé jeudi un programme inédit de rachat de dettes publiques et privées qui durera tant que ses anticipations d’inflation ne remonteront pas vers son objectif de moyen terme de 2%.

Ces rachats commenceront en mars et s’élèveront à 60 milliards d’euros par mois. Ils dureront « au moins jusque fin septembre 2016 », a-t-il précisé. Autrement dit, la BCE prévoit d’injecter 1100 milliards d’euros dans l’économie européenne au cours des 18 prochains mois. C’est plus que ce qu’anticipaient les analystes, d’où le rebond des principaux indices européens ce jeudi après-midi.

Vers 16h15, le CAC 40 gagne 1,2% à 4540 points, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis la mi-juin.

L’euro sous les 1,15 dollar

Jusqu’à présent la Banque centrale européenne s’était contentée de racheter de dettes privées : obligations d’entreprises, crédits immobiliers, également désignées sous les termes financiers d’ABS (asset backed securities) et de covered bonds. Mais Mario Draghi a expliqué jeudi dernier que la taille de ces marchés en Europe n’était pas suffisante pour constituer un levier suffisant à son action. En revanche lesencours de dettes publiques dans les bilans des banques européennes sont beaucoup plus importants. D’où l’idée d’un « quantitative easing », qui consiste pour une banque centrale à racheter de la dette souveraine sur les marchés et à offrir ainsi une liquidité immédiate aux détenteurs de ces titres (principalement les banques et assureurs).

Ce n’est pas la première fois que la BCE rachète des titres de dette souveraine. Elle l’avait fait en 2011, au plus fort de la crise de la zone euro, pour soutenir les pays confrontés à une envolée de leurs coûts de financement sur les marchés. Mais le programme dévoilé ce jeudi est différent : il portera sur l’ensemble des dettes des Etats membres, y compris la France et l’Allemagne, et vise avant tout à augmenter la masse monétaire en circulation pour faire repartir l’inflation. Il aura aussi pour effet de diluer la valeur de l’euro. La monnaie européenne s’inscrit d’ailleurs en forte baisse, à 1,1427 dollar, son plus bas niveau depuis onze ans.

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