Revenu à des niveaux inconnus depuis quinze ans, le Nikkei a déjà gagné plus de 10 % cette année. Mais les fonds investis à la Bourse de Tokyo ont fait mieux encore, avec un bond de 19 % en moyenne. Grâce au yen.

Les fonds japonais sont les vedettes inattendues de ce début d’année. Avec 19,39 % de hausse en moyenne depuis janvier, selon Europerformance, ils battent les fonds d’actions de la zone euro, pourtant à la fête avec la hausse des marchés européens, et même les indices nippons: le Nikkei et le Topix n’ont gagné «que» 10 % environ sur la même période.

La Bourse de Tokyo a profité ces dernières semaines de vents favorables. Selon la presse, de grandes entreprises, comme Toyota, s’apprêteraient à accorder de généreuses augmentations de salaires à leurs employés. Le gouvernement le souhaitait depuis longtemps. Or, les marchés voient d’un œil favorable ces hausses salariales, qui ne devraient guère peser sur les profits, mais pourraient en revanche soutenir la consommation et l’inflation. Un bon point pour le succès des Abenomics. Comme la hausse du dollar, favorable aux groupes exportateurs nippons.

Les investisseurs institutionnels

Les valeurs japonaises profitent aussi des achats d’actions du fonds de pension public GPIF. Sommé par le gouvernement de réduire le poids des obligations en portefeuille, et d’accroître la part des actions, japonaises et internationales, il a déjà investi 24 milliards d’euros au dernier trimestre 2014 et poursuit ses investissements, imité d’ailleurs par des entreprises et d’autres fonds de retraites de taille plus modeste.

Mais surtout, les investisseurs s’attendent à voir la profitabilité des entreprises de l’Archipel progresser. «Les liquidités nettes dont elles disposent dépassent 40 % du PIB du pays. Le gouvernement fait pression pour qu’elles s’en servent. Elles vont donc devoir investir, ou lancer des opérations de fusions-acquisitions, ou distribuer une partie de ces sommes aux actionnaires, sous forme de rachats d’actions ou de dividendes» souligne Sam Perry, gérant senior chez Pictet.

Des hausses de plus de 20 %

De quoi renforcer encore l’attrait du marché japonais, «très peu cher aujourd’hui. Les entreprises de l’indice Topix se paient 12 à 13 fois leurs bénéfices attendus à douze mois» rappelle Sam Perry. Sans oublier l’attrait de la devise pour les investisseurs français. «Ces dernières semaines, l’euro a en effet baissé aussi face au yen» constate le gérant de Pictet. Cela a favorisé les fonds qui ne couvrent pas la devise japonaise, avec parfois d’excellentes performances, à l’instar du fonds M&G Japan Euro (+26 % depuis le début de l’année) ou de Comgest Growth Japan (+24 %). Les fonds offrant une couverture sur le change, en revanche, sont retombés en bas du classement cette année. Mais leur progression est en ligne avec celle des indices, autour de 10 %.

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