La plainte a été déposée lundi soir au tribunal de district de Manhattan Sud par un groupe d’investisseurs et de fonds de pension.

 

Alors que les autorités financières new-yorkaises ont ouvert une enquête en octobre, un groupe d’investisseurs et de fonds de pension a déposé une plainte conjointe contre douze grandes banques internationales, dont la français BNP Paribas, accusées d’avoir manipulé à leur profit le marché des changes, selon un document judiciaire consulté mardi par l’AFP.

La plainte a été déposée lundi soir au tribunal de district de Manhattan Sud. Tous les plaignants avaient déjà déposé plainte individuellement contre ces établissements mais ont préféré se regrouper pour donner plus de poids à leur démarche. Basés aux Etats-Unis ou aux Caraïbes, ils accusent ces banques d’avoir communiqué entre elles, “dans des sites de messagerie privés, via des textos ou des courriels afin de mener à bien leur entente”, selon cette plainte, révélée par leWall Street Journal.

 

Credit Suisse, UBS, Barclays, HSBC…

 

Outre BNP Paribas, les établissements financiers visés sont les suisses Credit Suisse et UBS, les britanniques Barclays, HSBC et Royal Bank of Scotland, l’allemande Deutsche Bank, les américaines Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley.

De multiples enquêtes ont été ouvertes dans le monde sur les manipulations dont se seraient rendues coupables de grandes banques sur les marchés des changes.

 

Une entente illicite entre courtiers :

 

Les enquêteurs soupçonnent une entente illicite entre courtiers, qui auraient utilisé des forums de discussion sur internet et des messageries instantanées pour influencer le taux de référence quotidien WM/Reuters.

Selon la plainte déposée lundi, les cambistes des douze banques mises en cause auraient baptisé les forums de messagerie qui leur servaient de canaux de communication par des noms comme “Le Cartel“, “Le club des bandits“, “La Mafia” ou encore “Une équipe, un rêve“, selon la plainte.

 

Des “preuves” fournies par les banques elles-mêmes :

 

Les plaignants affirment s’appuyer sur certaines “preuves” fournies aux enquêteurs par les banques elles-mêmes, sachant que la plupart des grandes banques concernées ont indiqué qu’elles coopéraient avec les enquêteurs sans davantage de précisions. Celles-ci montreraient par exemple que Richard Usher, ancien responsable des marchés de changes de JPMorgan Chase à Londres entre 2010-2013, avait pour habitude d’échanger des informations sur les ordres de ses clients avant la fixation de taux de référence. Ce serait aussi le cas d’une dizaine d’autres cambistes, dont les noms sont cités.

 

Une trentaine de cambistes suspendus :

 

On apprend aussi dans la plainte que de hauts responsables de BNP Paribas auraient été entendus par des enquêteurs du département américain de la Justice (DoJ) dans cette affaire. La banque française aurait décidé en conséquence de suspendre, le 6 mars, Robert de Groot, son responsable des changes.

Les enquêteurs américains ont aussi entendu trois cambistes de Deutsche Bank à New York: Robert Wallden, Diego Moraiz et Christopher Fahy ont par la suite été licenciés, affirme la plainte.

Au total, au moins une trentaine de cambistes ont déjà été suspendus.

 

Une affaire explosive :

 

Le scandale a éclaté au printemps 2013 quand l’Autorité de conduite financière (FCA) britannique a lancé une enquête sur ce marché, dont les transactions se montent chaque jour à plus de 5.000 milliards de dollars.

Reste que cette affaire risque d’être explosive pour le monde de la finance, déjà ébranlé par le scandale des manipulations du taux interbancaire Libor, qui a valu de lourdes amendes notamment à Barclays, RBS, UBS ou Rabobank.

 

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