La banque brésilienne vend plusieurs actifs et obtient un emprunt exceptionnel.

BTG Pactual se concentre ses forces. La confiance des investisseurs a en effet été singulièrement ébranlée après l’implication de son patron, André Esteves, dans le scandale de corruption de Petrobras, la compagnie nationale pétrolière. Depuis que le jeune banquier carioca, soupçonné d’entraves à la justice, a été placé en détention fin novembre, les sept autres parte­naires de la banque ont repris les choses en main et commencé à mettre des actifs en vente, dont la banque privée BSI.

Tout un symbole, puisque l’acquisition de l’établissement, dont le siège est à Zurich, avait couronné l’ambition de BTG Pactual sur le marché international. Et l’opération n’avait été conclue qu’en juillet dernier avec Generali, pour 1,3 milliard de dollars. La banque brésilienne, qui a dû faire face à une avalanche de retraits de la part d’investisseurs, a confirmé qu’outre BSI, elle tentait de se défaire d’autres participations dans d’autres entreprises brésiliennes dans les ­secteurs les plus variés, des parkings à l’Internet. Elle a déjà cédé ses parts dans les hôpitaux Rede d’Or au fonds souverain de Singapour GIC pour 2,4 milliards de reals (environ 650 millions de dollars).

D’un seul homme, les agences de notation, Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch ont toutes attribué le sceau d’« investissement spéculatif » à BTG Pactual. Malgré les efforts pour dissocier le groupe de son fondateur, Fitch estime que « l’image de la banque demeure étroitement associée à M. Esteves » et n’écarte pas l’impact négatif que pourraient entraîner de nouvelles révélations dans le cadre de l’enquête en cours.

Bol d’air

En pleine déconfiture sur les marchés financiers, BTG Pactual a néanmoins reçu un bol d’air frais avec le concours d’institutions financières brésiliennes. Tout d’abord avec un emprunt d’environ 1,6 milliard de dollars concédé à ­travers un fonds interbancaire de « garantie de dépôts ». Puis par la volonté de certaines grandes ­banques brésiliennes, comme Bradesco, de racheter des portefeuilles de crédit auprès de BTG Pactual. Ces opérations pourraient permettre à la banque de gagner du temps et d’assurer la transition, sinon sa survie. « Je me sens maintenant à l’aise en ce qui concerne notre position en matière de liquidité, mais je poursuivrai les efforts en faveur de nouvelles cessions d’actifs au cours des semaines à venir », a expliqué le président du conseil d’administration de BTG Pactual, Persio Arida, dans une lettre adressée à ses clients, vendredi dernier.

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