La banque verte présente ce mercredi 9 mars son plan stratégique 2016-2019 aux investisseurs. Un plan qui fait la part belle à la croissance organique et à la recherche de synergies entre les différents métiers du groupe.

Oubliée, la croissance tous azimuts des années 1990 et 2000, et ses conséquences pas toujours heureuses sur les résultats du Crédit agricole. Le plan stratégique 2016-2019, que la banque dévoilera ce mercredi 9 mars aux investisseurs, à Londres, fait la part belle à la prudence. « L’environnement actuel est plein de menaces, le potentiel de crise n’a pas été purgé », a expliqué Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA (Casa), l’entité cotée en Bourse de la banque, lors d’une conférence de presse. Dans ces conditions, pas (ou plus) question de s’aventurer dans des métiers ou des géographies certes très rémunérateurs à court terme, mais porteurs de risques significatifs. « Nous visons la régularité des résultats, plutôt que leur optimisation », avait déjà indiqué Philippe Brassac le 17 février, lors de la présentation de la simplification de l’organisation capitalistique du groupe.

Ce dernier va donc plus que jamais se concentrer sur son modèle de banque universelle de proximité, au sein de ses principaux marchés que sont la France, l’Italie, l’Allemagne et la Pologne. « Nous allons continuer à faire ce que nous savons bien faire », a insisté Dominique Lefebvre, président de Casa et de la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA), qui regroupe les caisses régionales. Dans la même veine, la priorité sera donnée à la croissance organique, seuls les métiers de la gestion d’actifs et, dans une moindre mesure, de la banque privée pouvant songer à des acquisitions.

Une prudence qui « n’empêche pas l’ambition », a nuancé Dominique Lefebvre. La preuve par les chiffres : sur la base d’un scénario de reprise économique modérée et lente en Europe, avec des taux d’intérêt qui ne remonteraient qu’à la fin du plan 2016-2019, le groupe Crédit agricole, qui rassemble Casa et les caisses régionales, vise pour 2019 un bénéfice net part du groupe de plus de 7,2 milliards d’euros, contre 6 milliards en 2015. Casa seul devant dégager un résultat supérieur à 4,2 milliards d’euros à l’horizon 2019, après les 3,5 milliards engrangés l’an dernier. Une performance qui permettra à l’entité cotée du Crédit agricole de maintenir son ratio de fonds propres dur (de grande qualité) à 11% au moins pendant toute la durée du plan, et d’afficher une rentabilité des fonds propres tangibles de plus de 10% en 2019. De son côté, le groupe Crédit agricole s’est fixé pour objectif un ratio de fonds propres durs de 16% en 2019, contre 13,7% en 2015.

 8,8 milliards d’euros de synergies de revenus d’ici à 2019

Pour parvenir à ses fins, la banque entend intensifier la conquête de nouveaux clients, en s’appuyant notamment surles offres à destination des jeunes, le crédit immobilier et la digitalisation de ses produits et services. Sur ce dernier point,« il ne faut pas confondre digital et banque en ligne. Cette dernière est monocanal, alors que la distribution de services financiers devient multicanal », a mis en garde Philippe Brassac. « Nous n’avons programmé aucune réduction du nombre de nos agences. En revanche, nous les adaptons aux nouvelles attentes des clients, avec notamment une expertise et une valeur ajoutée croissantes des conseillers », a renchéri Jack Bouin, premier vice-président de la FNCA.

Toujours pour augmenter ses revenus, le Crédit agricole va faire jouer davantage les synergies entre ses différents métiers, en internalisant par exemple l’offre d’assurance emprunteur au sein du groupe. Ce dernier table ainsi sur 8,8 milliards d’euros de synergies de revenus en 2019, un chiffre en hausse de 1 milliard par rapport à 2015. La banque veut également accentuer le multi-équipement de ses clients, afin, par exemple, d’accroître les encours de crédit à la consommation de plus de 5 milliards d’euros d’ici à 2019.

Mais la hausse des revenus ne fait pas tout. Dans un environnement où les taux très bas et l’arrivée de nouveaux entrants comme les fintech placent les marges des banques sous pression, les réductions de coûts sont inévitables. Et ce, d’autant plus que le Crédit agricole entend investir pas moins de 7,7 milliards d’euros dans son plan stratégique 2016-2019. Quelque 900 millions d’euros d’économies sont donc au programme chez Casa, et proviendront, entre autres, de la transformation de l’informatique et de la massification des achats. La banque de financement et d’investissement (BFI) sera elle aussi mise à contribution, avec 230 millions d’euros de réductions de coûts attendues. Autre effort demandé à la BFI, dans le contexte d’exigences réglementaires toujours croissantes : une diminution sensible de ses risques pondérés, en privilégiant les clients demandeurs d’une offre globale, à même de rapporter des commissions, plutôt que ceux qui se contentent de consommer du capital de la banque en sollicitant uniquement des crédits. Une sélectivité qui résume bien l’esprit du plan stratégique du Crédit agricole.

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