En effet, depuis 2009 les acteurs de la Place, confrontés à l’inéluctable tendance vers une transparence fiscale toujours plus généralisée, se posent la question de l’avenir de la banque privée.

Pris dans l’étau entre augmentation des coûts notamment réglementaires et une nette diminution des marges, la dégradation de la profitabilité qui en résulte a poussé nombre d’entre eux à revoir leurs positionnements et stratégies. Certaines projections datant de 2013 parlent d’une dégradation de l’index de profitabilité de presque 50% à l’horizon de 2017, mais il est fort à parier qu’on ait pêché d’optimisme dans la formulation des hypothèses sur lesquelles se basaient ces anticipations, comme l’évolution défavorable des taux d’intérêt depuis.

La tendance va vers un repositionnement sur une clientèle de HNWI et UHNWI (67% des avoirs sous gestion en 2014 contre 59% en 2012) pour laquelle le Luxembourg a encore un attrait certain contrairement au «dentiste belge» (9% en 2014 contre 14% en 2012), qui représentait la vache à lait d’une place financière dont l’avantage compétitif se situait depuis trop longtemps, à quelques exceptions près, plus au niveau du secret bancaire et d’une fiscalité avantageuse que de la sophistication de ses services. Une autre tendance qui se dessine clairement est la diversification géographique de la provenance des clients. Si en 2012 25,1% des avoirs sous gestion appartenaient à des clients originaires de pays hors Europe, ils étaient 39% en 2014.

La Place a été, en effet, prompte à réagir et à capitaliser sur ses points forts. Grâce à l’action concertée du gouvernement et des divers acteurs du privé, elle apparaît plus que jamais comme un centre de compétence européen pour la banque privée. Des centres d’excellence se sont clairement établis. Il suffit de voir la multiplication des family offices depuis la mise en place de la loi du 21 décembre 2012 ainsi que des PSF spécialisés pour entrevoir la tendance vers la spécialisation et la répartition des tâches, efficiente en termes de création de valeur ajoutée à moindre coût. En plus, il reste à la place financière luxembourgeoise un avantage compétitif certain par rapport à d’autres centres financiers, qui est l’expérience prouvée de ses acteurs de réconcilier les contraintes réglementaires et fiscales sur le plan international et de pouvoir ainsi efficacement servir une clientèle internationale aux besoins complexes.

Il semblerait donc que la ligne de moindre résistance pour les banques privées de la Place soit de s’adresser, de façon sélective et sur mesure, à une clientèle située en haut de la pyramide. Ces entrepreneurs et familles fortunés à dimension internationale et aux besoins exigeants à la recherche de «solutions» plutôt que de «produits».

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