Un peu plus d’un an après l’abandon du cours plancher de l’euro par la Banque nationale, la monnaie helvétique semble moins servir de valeur refuge.

Après trois ans et demi de cours plancher de l’euro par rapport au franc (1,20 franc), la Banque nationale suisse (BNS) a renoncé à cette mesure le 15 janvier 2015. Après cette décision, nombre d’exportateurs helvétiques et d’entreprises dépendantes du tourisme ont subi des épreuves difficiles. Le franc fort est devenu un véritable fléau pour certaines branches de l’économie du pays. Aujourd’hui, grand retournement ! Le franc tend à faiblir sur le marché des changes.

Sur une période significative d’un mois, l’euro n’a en effet pas cessé de s’apprécier par rapport au franc (voir infographie). Au début de cette semaine il fallait payer 1,11 franc pour acheter 1 euro. Le cours le plus élevé depuis trois mois. Dans la foulée la monnaie unique avait renchéri de 1,8%, en un mois seulement, par rapport au franc. Cette évolution paraît d’autant plus réjouissante qu’il s’agit vraisemblablement nettement moins d’un renforcement de l’euro que d’un réel affaiblissement du franc.

La monnaie helvétique s’est ainsi affaiblie non seulement par rapport à l’euro, mais aussi par rapport au dollar, à la livre sterling et au yen. Le quotidien financier zürichois Cash en déduit que la demande de franc suisse diminue à titre de valeur refuge. Cette hypothèse en suscite une autre : la BNS a-t-elle su trouver des alternatives à un cours plancher de l’euro ? Une mesure probablement fort difficile, voire impossible à maintenir face à une Banque centrale européenne lançant une gigantesque opération de quantitative easing (assouplissement quantitatif) le 22 janvier 2015, c’est-à-dire la mise en circulation de 1140 milliards d’euros supplémentaires en un an et demi.

Thomas Flury, expert en devises, ne doute en tout cas pas des interventions de la BNS sur le marché des changes : « L’évolution de ses avoirs et les virements effectués sur ses comptes permettent de constater qu’elle n’a en effet pas cessé d’intervenir pendant un an. Et nous pouvons en déduire que la BNS persistera en ce sens. » Le collaborateur d’UBS estime en outre que « la relative vigueur de l’euro tire aussi le dollar vers le haut par rapport au franc ».

Le franc s’est d’ailleurs déprécié de 0,7% par rapport au dollar au cours des quatre dernières semaines, à un peu plus de 97 centimes. Le retour à la parité paraît toutefois peu probable cette année. Le franc continuera donc de pénaliser les exportations outre-Atlantique, tout en favorisant des prix plutôt raisonnables dans les carburants, comme l’essence et le mazout.

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