«La banque privée: un nouvel Eldorado européen»

Et si l’Europe avait aussi permis aux banques privées luxembourgeoises de développer davantage leur clientèle à l’international, bien plus qu’elle n’aurait freiné son essor, comme certains le prédisaient avec la fin du secret bancaire et le tsunami réglementaire que nous connaissons depuis de nombreuses années?

Les chiffres de l’enquête annuelle mise en place chaque année par la CSSF et l’ABBL devraient à nouveau nous le confirmer ces prochains jours; la place financière se porte bien. Le montant des avoirs en gestion a encore connu une légère progression, comme chaque année depuis que les statistiques existent. On parle d’environ 365 milliards.

En l’espace d’une dizaine d’années, il faut noter que la Place a collecté pas loin de 100 milliards sous gestion, soit près de 35% d’actifs supplémentaires. Certes, nous sommes encore loin derrière la Suisse – ce qui confirme d’ailleurs que nous avons du potentiel –, mais une tendance très nette se dégage: le Luxembourg développe des parts de marché significatives dans l’espace de la Communauté européenne, plus seulement parmi nos voisins frontaliers.

Aujourd’hui, grâce au cadre qu’offre la LPS, et en maîtrisant bien les législations nationales des activités que cette libre prestation de service permet de couvrir, on peut aisément faire du Luxembourg une plateforme de développement pour son activité européenne. Le tsunami réglementaire aura permis aux banques privées luxembourgeoises de s’habituer à une donnée qui est devenue permanente: le changement! Et ce perpétuel changement les a rendues plus agiles et flexibles que par le passé, capables de maîtriser plusieurs législations, plusieurs environnements. Les équipes techniques n’ont probablement jamais géré autant de projets qu’aujourd’hui, sans voir leurs ressources spécialement progresser.

La place financière de Luxembourg a fait de la gestion de fortune son ADN dès les années 1980. Entre-temps, elle est parvenue à développer une position significative en Europe parmi la clientèle dite «HNWI», notamment à travers la mise en place d’outils de structuration patrimoniale à haute valeur ajoutée qui sont aujourd’hui reconnus à peu près partout sur le continent. Sa capacité à gérer le sur-mesure lui a permis d’avoir une relation de grande proximité avec une clientèle toujours plus exigeante et toujours mieux informée.

Il faut exporter ce savoir-faire encore plus aujourd’hui qu’hier. Et à travers la compétition que se livrent les compagnies aériennes présentes à l’aéroport du Findel, on peut désormais développer son activité aussi facilement au Portugal qu’à Bruxelles ou à Paris. C’est d’ailleurs le modèle que de nombreux groupes bancaires, dont le nôtre, ont choisi de développer, au départ de leur filiale luxembourgeoise. Et pas seulement depuis l’arrivée des low cost au Findel!

Plusieurs tendances fondamentales expliquent l’internationalisation des activités de la Place au-delà des frontières: c’est avant tout une caractéristique propre aux familles qui sont de plus en plus dispersées sur le plan géographique. C’est aussi le cas de l’activité professionnelle de nos clients, les groupes familiaux s’internationalisent. Nous devons être capables de les accompagner sur des problématiques devenues beaucoup plus complexes car devenues transfrontalières. C’est cette expertise propre à la Place qui fait aussi la différence. Vous ne trouverez nulle part ailleurs qu’au Luxembourg des banquiers capables de maîtriser au sein d’une même équipe, ou parfois via un même interlocuteur, les meilleures pratiques patrimoniales de plusieurs Places européennes.

Prochaine étape pour la Place luxembourgeoise: consolider ses acquis en Europe, et dépasser ses frontières! Nous ouvrons d’ailleurs un bureau au Canada ces prochaines semaines, depuis Luxembourg. Le groupe y a développé depuis plusieurs années une collaboration fructueuse avec une équipe spécialisée en private equity, et nous souhaitons y développer des activités plus globales.

Tout ceci sans oublier le marché domestique national, qui mérite toute l’attention des équipes en place. Nous y consacrons d’ailleurs depuis plus de 12 ans des ressources entièrement dédiées, qui vont bientôt être renforcées par le développement local de notre activité de corporate finance, une expertise présente dans le groupe depuis ses origines, au départ de Bruxelles, Paris et Lyon, plus récemment aussi depuis l’Espagne.

Pour conclure, il nous paraît essentiel de cultiver et d’entretenir la richesse de l’écosystème propre à la Place luxembourgeoise, écosystème lui aussi tout à fait unique en Europe. Je ne connais pas d’autre pays qui vous permette de croiser autant de fois par mois l’ensemble des acteurs/décideurs de la Place, tant publics que privés. Cette richesse d’échanges permettra au Luxembourg de pérenniser et de conforter son expertise en gestion patrimoniale pour ces prochaines années. Il faut continuer à développer cette expertise en formant davantage les forces vives. Cela permettra de garder intacte la capacité du pays à s’adapter aux changements de l’environnement international.

L’avenir est rempli de challenges, mais la place financière a démontré à plusieurs reprises son talent humain et technique, et a appris à rebondir.

Les plus belles années sont bien devant nous!

Source : paperjam.lu

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